Qualifie ce qui possède l’éclat du diamant.

Variété de quartz, l’agate est une calcédoine translucide, de couleur beige, brune ou noire. Son nom vient de la rivière de Sicile que les Grecs appelaient Achatès (aujourd’hui Drillo) et qui leur en fournissait un gisement. Fort belle grâce à ses dessins multicolores et ses inclusions à motifs, elle est utilisée en bijouterie depuis sept mille ans : on a retrouvé des boules d’agate datant duNéolithique dans l’actuelle Anatolie.
Ses différents motifs font parler d’agate fleurie, mousse, paysage, flamme… De tout temps, on l’a considérée comme une pierre protectrice, un talisman. Depuis les Grecs, on l’utilise surtout pour la création d’intailles et de camées. Mais les joailliers, dont Cartier, ont conçu aussi des coupes, des flacons et des objets en agate. Dureté : 6,5 à 7. Gemme des natifs de la Vierge. Brésil, Uruguay, Etats-Unis, Inde, Madagascar, Mexique.
Cette pierre fine rarissime, qui peut valoir plus que le diamant, change de couleur selon la lumière. En provenance de Russie, elle est vert bouteille à la lumière du jour, et rouge bordeaux à la lumière électrique. Découverte sur les pentes de l’Oural le jour de l’anniversaire d’Alexandre II en 1831, on lui donna le nom du tsar. Aux couleurs de la sainte Russie (le rouge et le vert), elle devint gemme nationale russe. Dureté : 8,5. Brésil, Zimbabwe, Sri Lanka.
Cette pierre fine est un grenat, de couleur rouge sombre nuancé de violet. Il doit son nom à la ville d’Alabanda, près d’Éphèse en Asie Mineure, qui était dans l’Antiquité un centre d’extraction et de taille de ce type de grenat. Il fut utilisé en Perse depuis les Sassanides (IIIe siècle de notre ère). On a trouvé aussi des bijoux en grenat almandin taillés avec beaucoup de raffinement dans des tombeaux princiers ou royaux francs, dont celui de Childéric Ier (Ve siècle). Il connut une vogue particulière au XVIIe siècle dans l’ornementation (plusieurs salières en almandin dites de « Louis XIV » sont conservées dans les musées français), puis au second Empire où on l’aimait taillé à facettes ou poli en cabochon. Silicate d’aluminium et de fer. Dureté : 7,5. Sri Lanka, Inde, Zambie, Vietnam, Brésil, Madagascar.
De couleur bleu-vert semblable à la turquoise ou au jade, l’amazonite est une variété de feldspath. Les femmes d’une tribu d’Amazonie en offraient aux hommes, d’où son nom. On en trouve aussi dans le désert arabique, où les Egyptiens de l’Antiquité la recherchaient pour la tailler en amulette ou en faire des perles. Elle est utilisée dans la joaillerie occidentale depuis la Renaissance. Dureté : 6-6,5. Brésil, Etats-Unis, Inde, Madagascar, Russie.

Selon un mythe grec, Phaéton, le fils d’Hélios, dieu du Soleil, obtint un jour la permission de conduire le char de son père, mais ne parvint pas à lemaîtriser.
Frôlant de trop près la Terre, il pro- voqua une terrible sécheresse. Zeus décida alors d’intervenir, lança son foudre sur le char et précipita Phaéton dans un fleuve, l’Eridan, oùil trouva la mort.
Comme ses sœurs, les Héliades, étaient inconsolables, les dieux les métamorphosèrent en arbres afin qu’elles puissent éternellement pleurer leur frère.
Leurs larmes étaient de la résine qui se transforma en ambre. Résine fossile de couleur jaune doré, parfois orangée, l’ambre fascinait déjà les hommes du Néolithique, qui le trouvaient, comme aujourd’hui encore, sur les grèves de la mer Baltique.
On a découvert des vestiges de son utilisation décorative dès cette époque.
Mais d’où venait-il ? Il semblait naître de la mer, et pourtant contenait parfois de petits insectes...
Il fallut attendre 1811, et les études d’un savant prussien, pour comprendre qu’il était la résine fossile des forêts de conifères (Pinus succinifer) qui s’étendaient sur l’Europe du Nord il y a plus de trente millions d’années...
Depuis toujours, on aime l’ambre pour sa beauté, mais aussi pour ce mystère.
Les inclusions d’insectes n’ont pas cessé de fasciner.
Le pape Urbain VIII (1568-1644) possédait un morceau d’ambre contenant trois abeilles, le philosophe Emmanuel Kant ne se séparait pas de son insecte prisonnier, et Steven Spielberg nous a fait rêver avec le petit moustique saisi dans l’ambre de Jurassic Park...
Protégeant les végétaux et les animaux, l’ambre devait aussi protéger les hommes, et on lui prêta longtemps des vertus protectrices et curatives : on le réduisait en poudre, on le brûlait pour son parfum. On en fit des bijoux, des chapelets.
On en fit aussi l’extraordinaire cabinet d’ambre, entièrement plaqué d’une mosaïque de ce végétal, offert à Pierre le Grand par le roi de Prusse en 1716.
Volé par les Allemands au palais de Tsarskoïe Selo pendant la guerre, il a disparu depuis...
Dureté : 2,5 à 3. Mer Baltique, Saint-Domingue.
Ce quartz, dont la couleur varie du lilas au violet foncé, est associé à une légende. On y voit la jeune nymphe Améthyste (littéralement « qui préserve de l’ivresse ») métamorphosée en quartz froid par Diane pour la protéger d’un Bacchus entreprenant et complètement ivre. Dégrisé et furieux, le dieu du vin jette sa coupe sur le cristal et lui donne sa couleur violette. De cette légende est née la croyance que l’améthyste préserve de l’ivresse. Elle orne traditionnellement la bague épiscopale des évêques. Elle fut particulièrement à la mode au temps de la reine Alexandra, épouse d’Edouard VII, dont le lilas était l’une des couleurs favorites. Dioxyde de silicium. Dureté : 7,5 à 8. Gemme des natifs du Poisson. Février est son mois et Jupiter sa planète. Symbole du bonheur. Brésil, Madagascar, Etats-Unis, Namibie.

Le bleu-vert à bleu ciel de cette pierre – un silicate d’aluminium et de béryllium tout comme l’éme- raude – lui a donné son nom(« eau de mer »).
En Inde et en Egypte ancienne, elle servait à façonner des amulettes. En Grèce, on disait que des hippo- campes avaient dérobé ces pierres aquatiques au trésor des nymphes, puis les avaient déposées sur lesrivages des hommes.
On la dit aussi, depuis toujours, protectrice des gens de mer.
Quant à Cartier, il s’en fit une de ses spécialités dans les années 1930. L’une de ses clientes, Elsie de Wolfe, se teignit les cheveux en bleu afin de les assortir au diadème en diamants et aigues-marines conçu pour elle par Cartier en 1935.Dureté : 7,5.
Gemme des natifs du mois de mars. Saturne est sa planète.
Symbole : protection en mer, fidélité. Brésil, Madagascar, Afghanistan, Pakistan.
Phénomène optique dû à la réflexion de la lumière sur les inclusions, caractérisé par des lignes formant une étoile. Il se manifeste sur certaines pierres taillées en cabochon, tels le saphir et le rubis, qu’on dit alors « étoilées ».

Dans les années 1920, Cartier pro- posa avec succès des montres-bra- celets miniatures de moins d’un centimètre de large, ornées de pierres précieuses, qu’on appelamontres « baguette ».
Elles évoquaient aussi une taille de pierre promue par Louis Cartier dès le début du XXe siècle : la « taille baguette », un étroit rec-tangle, au sommet plat.
Elle est particulièrement priséepour la difficulté de la technique de taille.
Les béryls (du grec bêrullos) sont une famille de pierres de mêmes caractéristiques cristallines et chimiques, dont font partie l’émeraude et l’aigue-marine.
Il existe également des béryls rose « fleur de pêcher », appelés morganites, des jaune d’or, les héliodores, des vert clair et enfin des rouges, très rares.
On se servit de béryls pour confectionner des lentilles optiques.
La fameuse loupe en émeraude de Néron était probablement du béryl vert clair.
Les propriétés optiques du béryl sont à l’origine du mot français « bésicles » et du mot allemand Brille (lunettes). Aluminosilicate de béryllium. Dureté : 7,5. Brésil, Russie, Afghanistan, Pakistan, Zambie, Zimbabwe,Tanzanie, Madagascar.
On appelle brillant un diamant rond taillé à 58 facettes : 32 facettes sur la partie supérieure, 24 sur la partie inférieure, plus la « table », c’est-à-dire la grande facette du dessus et la « colette », la facette à la pointe inférieure.
La « taille brillant » est la plus répandue pour le diamant, car elle offre à la pierre le maximum d’éclat et de brillance.
C’est vers 1920 qu’on la mit au point, après de longues études de physique et d’optique appliquées au diamant.
Pierre en forme de goutte taillée en facettes triangulaires sur toute sa surface.
Cette taille, inventée en Inde, y est encore fréquemment employée pour les diamants blancs, les pierres de couleur et les diamants « teintés ».
Type de taille cabochonnée sur le dessus et à facettes sur la culasse.
Elle a la douceur du cabochon en gardant l’éclat de la pierre facettée.

Un cabochon est une pierre polie de forme arrondie, évoquant le sommet d’un crâne – d’où son nom tiré du vieux français « caboche », lui-même issu du latin caput, « tête ».
Le polissage des pierres précieuses s’effectue toujours à la main et à la meule.
La forme et le poli du cabochon permettent d’étonnants jeux de lumière, de chatoyance, surtout avec des gemmes aux couleurs profondes.
Depuis la fin du XIXe siècle, Cartier a fait du cabochon l’un des emblèmes de ses montres et de ses objets d’écriture : des pierres polies et rondes ornent aussi bien les remontoirs de montres que les têtes des porte-plumes et porte-mines, et aujourd’hui des stylos.
Ce sont des cabochons de saphir, de rubis, d’émeraude, voire de corail ou d’onyx... Le cabochon peut également orner des parures.

On parle de « rubis calibrés », de « diamants calibrés », etc., pour désigner un certain nombre de pierres identiques en termes de taille et de forme, le plus souvent carrées, destinées à être serties enbande les unes contre les autres.

Un camée (de l’italien cameo, « camaïeu ») est une sculpture en relief d’une pierre fine. On utilise des pierres stratifiées comme la calcédoine, l’agate, l’améthyste, l’onyx, afin de faire apparaître différents plans de couleur. L’art du camée connut deux époques fastes : l’Antiquité grecque et romaine et laRenaissance.
Très ancienne unité de poids normalisée au début du XXe siècle, le carat est l’unité de masse des pierres précieuses : 0,2 gramme. Elle s’exprime avec deux décimales.

Cette calcédoine translucide rouge-orange est utilisée en bijouterie depuis le Néolithique. A cette époque, elle était souvent façonnée en perles.
Elle tirerait son nom du fruit du cornouiller, dont la pulpe possède cette même couleur.
Elle fut très appréciée en Egypte antique, où sa couleur sang en faisait un symbole de vie : on la trouve par exemple sur le pectoral de Toutankhamon.
En Perse, elle protégeait du « mauvais œil », et était censée préserver l’organisme du venin des serpents et des piqûres d’insectes. Elle est gravée en intaille depuis la Rome antique.
Dureté : 6,5.Gemme des natifs du Bélier, du Taureau et du Scorpion. Inde, Yémen, Brésil, Uruguay.
Ce chrysobéryl vert-jaune translucide doit son nom à un beau phénomène optique, dû à la nature de ses inclusions tubulaires, quand il est taillé en cabochon : son opalescence bleutée s’accompagne alors d’un reflet linéaire et mouvant rappelant la pupille d’un chat.
Les anciens l’appelaient cymophane, « apparence de vague ».
Des effets similaires peuvent s’obtenir avec d’autres pierres taillées en cabochon, mais celles-ci n’ont droit à l’appellation « œil-de-chat » qu’accompagnées de leur nom spécifique : tourmaline œil-de-chat, quartz œil-de-chat, etc.
Oxyde de béryllium et d’aluminium. Dureté : 8,5. Gemme des natifs du Capricorne. Brésil, Sri Lanka.
La calcédoine tire son nom d’une ville de Bithynie, Khalkêdôn.
C’est une pierre faite d’un amas de cristaux microscopiques de quartz, de couleur grise à jaune pâle en passant par le bleu quand elle est pure.
Mais la présence de fer ou de nickel lui donne souvent d’autres couleurs... et d’autres noms : chrysoprase quand elle est vert vif, cornaline quand elle est rouge orangé, sardoine quand elle est brune, agate quand elle présente certains motifs, onyx quand elle est noire ou noir et blanc, jaspe lorsque les impuretés qu’elle contient la rendent opaque et lui donnent des tons plus ou moins mélangés.
La calcédoine forme ainsi l’une des plus larges familles du monde minéral.
Remarquée dès l’Antiquité, sa porosité permet de la teindre facilement, et la plupart des calcédoines commercialisées aujourd’hui sont teintes. Elles prennent alors le nom d’agate bleue, agate verte, etc.
Naturelle ou teinte, elle a toujours été appréciée en glyptique et très utilisée pour l’exécution de camées. Elle a aussi connu une faveur particulière avec l’Art nouveau. Dureté : 6,5. Gemme des natifs du Sagittaire. Uruguay, Brésil, Inde, Madagascar, Etats-Unis, République tchèque.
En gemmologie, la chatoyance est un phénomène lumineux particulier : lorsque les fibres ou inclusions d’une pierre taillée en cabochon sont parallèles, une bande lumineuse aux reflets changeants se forme, évoquant un œil de félin.
Ce phénomène permet à un chrysobéryl d’être appelé « œil-de-chat ». D’autres gemmes offrent cette chatoyance : la tourmaline, les béryls, le quartz...

Du grec khrusos, « or », et bêrullos, « pierre brillante », le chrysobéryl est une pierre connue depuis l’Antiquité, de couleur vert-jaune à brun- jaune bleuté. Deux variétés rares sont très recherchées aujourd’hui : l’alexandrite, verte à la lumière du jour et rouge à la lumière artificielle, et le chrysobéryl « œil-de-chat », dont la structure particulière permet un phénomène de chatoyance. Certains chrysobéryls exceptionnels se trouvent dans des musées,comme le Hope (à ne pas confondre avec le diamant du même nom), une gemme vert clair de 45 carats conservée au British Museum. Aluminate de béryllium. Dureté : 8,5. Sri Lanka, Brésil.

La citrine est un quartz cristallin, de couleur jaune comme son nom l’indique (du latin citrus, « citron »). Ce jaune peut varier du pâle à l’orangé. La citrine naturelle étant rare, on obtient un équivalent en chauffant sa sœur violette, beaucoup plus courante,l’améthyste.
Devenue abondante grâce à ce traitement thermique, la citrine offre au joaillier l’occasion de travailler des cristaux de grande dimension et sans défaut.Il ne faut pas confondre la citrine avec la topaze, autre pierre jaune, plus rare encore et plus raffinée car possédant plus d’éclat. Dioxyde de silicium. Dureté : 7. Gemme des natifs des Gémeaux, de la Balance et de la Vierge. Symbole de la sensualité. Madagascar, Brésil, Sri Lanka.
La pureté, relative à la présence visible d’inclusions dans la gemme, est l’un des critères d’évaluation du diamant. Selon les normes internationales, elle est contrôlée à la loupe grossissant dix fois par une personne de métier qualifiée. D’après le résultat de cet examen, on classe le diamant suivant une échelle de pureté, déterminée par la grandeur, la position et le nombre des inclusions. Pour les pierres précieuses de couleur, la pureté ne s’apprécie pas avec les mêmes critères. On parlera plutôt de propreté. D’ailleurs, il n’existe quasiment aucune pierre précieuse de couleur pure. Leurs inclusions diffusent la lumière, et leur donnent parfois un agréable velouté. Quant aux pierres fines, elles ne sont taillées et commercialisées que pures ou quasi pures, à quelques exceptions près. Celles-ci sont dues à certains créateurs d’aujourd’hui, jouant avec les effets que provoque un nombre élevé d’inclusions dans des gemmes habituellement utilisées pures : béryls, tourmalines, quartz… Echelle de pureté pour le diamant FL/IF : Flawless ou Internally Flawless. Pur à la loupe. VVS1 : minuscule(s) (Very Very Small). VVS2 : inclusion(s) très difficilement visible(s) à la loupe. VS1 : très petite(s) inclusion(s) VS2 : (Very Small) difficilement visible(s) à la loupe. SI1 : petite(s) inclusion(s). SI2 : facilement visible(s) à la loupe, invisible(s) à l’œil nu par le côté de la couronne. P1 : inclusion(s) très facilement visible(s) à la loupe, difficilement visible(s) à l’œil nu, vue(s) par le côté de la couronne et n’affectant pas la brillance. P2 : grande(s) et/ou nombreuse(s) inclusion(s) facilement visible(s) à l’œil nu par le côté de la couronne et affectant légèrement la brillance. P3 : grande(s) et/ou nombreuse(s) inclusion(s) très facilement visible(s) par le côté de la couronne et affectant distinctement la brillance.
Le plan de clivage est le plan de moindre cohésion selon lequel un minéral peut se fendre – se « cliver » – facilement.
On choisit souvent une gemme pour sa couleur. Seul pourtant le diamant possède une échelle de couleur reconnue internationalement, définie par les organisations professionnelles. Il faut différencier les diamants blancs ou incolores des diamants de couleur fantaisie. Le diamant blanc est en réalité riche de nuances, et sa couleur est même l’un des quatre critères reconnus (l’un des quatre « C », avec ceux de clarity, cut et carat) pour l’évaluer. Pour déterminer cette couleur du diamant, on a recours à des pierres de comparaison appelées « pierres étalons ». Elles sont présentées en coffret, et la comparaison avec la pierre à évaluer s’effectue sur une feuille de bristol blanc.

Sa resplendissante couleur fait du corail l’un des minéraux ornementaux les plus recherchés depuis la préhistoire : en Suisse, des objets ornés de corail ont été trouvés dans des tombes celtes datant de l’âge du fer. En Grèce antique, on le considérait comme du sang pétrifié de Méduse. Le corail est la sécrétion calcaire d’animaux microscopiques sous-marins, des polypes, formant une sorte de carapace, ou de squelette externe. Celui-ci sedéveloppe en forme de branchages, colorés en rouge par la présence de carotène.
La couleur peut varier du rouge sang au rose, mais il existe aussi du corail blanc, très recherché, ainsi que du corail noir kératineux aujourd’hui interdit à la récolte. Après avoir été récolté (à moins de deux cents mètres de profondeur dans les mers chaudes), le corail est travaillé et poli. Selon sa taille, il peut offrir des petites sculptures, des boules, des broches, des petits bijoux... Cartier a très souvent utilisé le corail, de couleur orangée de préférence, notamment pour obtenir de très raffinées combinaisons de couleurs avec l’émeraude ou l’onyx. Dureté : 3 à 4. Méditerranée (Italie, Algérie), océan Indien, océan Pacifique (Australie).
Très utilisée aujourd’hui en joaillerie, la cordiérite est une pierre fine, d’une couleur bleu-violet à jaune clair selon l’angle d’observation. Ainsi baptisée en l’honneur du géologue français Pierre-Louis Cordier (1777-1861), on l’appelle aussi plus communément « iolite » (« pierre violette » en grec). Une fois taillée, son bleu est assez proche de certains saphirs, d’où un troisième nom désormais prohibé : « saphir d’eau ». Silicate de magnésium et d’aluminium. Dureté : 7 à 7,5. Symbole de la confiance et de la sécurité. Sri Lanka, Brésil, Madagascar.

Nom générique d’une famille de pierres précieuses constituées d’oxyde d’aluminium cristallisé : le rubis, le saphir classique et les saphirs d’autres couleurs que le bleu. Parmi ces derniers, le plus rare est le saphir rose orangé du Sri Lanka, appelé padparadscha (« fleur de lotus »). Il existe aussi des saphirs roses, mauves, jaunes, verts... Dureté : 9. Sri Lanka, Thaïlande, Cambodge, Australie,Madagascar.
Ensemble des facettes de la partie supérieure (entourant la table) d’une pierre taillée.
En horlogerie, il s’agit d’une pièce du remontoir d’une montre.
Partie inférieure des pierres taillées, en dessous du rondiste (pour le diamant), ou feuilletis (pour les pierres de couleur).
On appelle « colette » la facette située à la pointe de la culasse (la partie inférieure) d’un diamant taillé. C’est la cinquante-huitième facette du brillant.

On taille une pierre pour la magnifier, en mettant en valeur sa couleur, en lui donnant de l’éclat par le jeu des facettes et en éliminant ses défauts. C’est l’œuvre du lapidaire ou du diamantaire,artisans hautement qualifiés.
Ils travaillent au marteau pour cliver, à la scie pour couper et à la meule pour facetter. On ne sait précisément quand on a commencéà tailler le diamant.
Dans sa forme naturelle d’octaèdre ou de dodécaèdre, il pouvait être porté brut. Si des confréries de lapidaires sont attestées en France au XIIe siècle, ce n’est qu’à la Renaissance que la taille du diamant se généralise dans de grandes villes européennes comme Anvers, Bruges ou Paris. Au début du XVIIe siècle, Mazarin encourage les diamantaires français à tailler les diamants en rose. La taille rose, connue dès 1520, est en forme de dôme, à base plane et à un nombre variable de facettes.
Certains diamants célèbres sont en taille rose – le Grand Moghol et l’Orlov –, mais celle-ci n’est pratiquement plus utilisée aujourd’hui en raison de son faible éclat. Des préfigurations de la taille ronde moderne apparaissent tout au long du XIXe siècle, comme la « double brillant » à 34 facettes, ou la « jubilé » à 88 facettes. C’est un diamantaire d’Anvers, Marcel Tolkowsky, qui après de longues études de physique et d’optique mit au point la taille brillant actuelle, dite moderne, en 1919. Elle permet de donner à la pierre son maximum d’éclat, de brillance et de feu. Le brillant compte 58 facettes d’une parfaite régularité : 32 forment la couronne (la partie supérieure), 24 forment la culasse (la partie inférieure), plus la table (la facette du dessus) et la colette (la facette à l’extrémité de la culasse). Les diamantaires ont également mis au point des tailles brillantées fantaisie : la taille est du même type que le brillant rond classique, mais on joue sur le nombre et la forme des bezels (les facettes en losanges reliant la table au rondiste), ou plus souvent sur le nombre et la forme des facettes de la culasse.
On obtient ainsi des tailles fantaisie brillantées, dont le nom indique en général la forme : ovale, poire, coussin, navette ou cœur. Il existe aussi une taille dite « mixte » : les facettes de la couronne et celles de la culasse sont de style différent. L’histoire de la taille des diamants connut un nouvel épisode à la fin des années 1980 avec la mise au point, par Gaby Tolkowsky (petit-neveu de Marcel) de cinq différentes « tailles fleur ». Elles sont destinées à obtenir un meilleur rendement des formes brutes difficiles à tailler, et des diamants à couleur faible. Comportant davantage de facettes, surtout autour de la colette, ces tailles – Fire Rose, Tournesol, Zinnia, Souci et Dahlia – sont utilisées pour les diamants de plus de 0,2 carat. Les tailles des pierres de couleur sont extrêmement variées, et dépendent beaucoup de la couleur à obtenir et, surtout pour les pierres transparentes, des inclusions à éliminer. Ces tailles sont parfois les mêmes que celles du diamant. Parmi les plus courantes, citons la taille ovale, la taille coussin, la taille poire, la taille cœur, la taille briolette. Diamants et pierres de couleur peuvent être en taille émeraude : rectangulaire ou carrée, aux angles biseautés, avec une série de facettes taillées en escalier – on les dit aussi « à degrés » ; ou taille baguette, réservée aux petites pierres : un long et étroit rectangle, plat au sommet. Louis Cartier adopta la taille baguette dès le début du XXe siècle, bien avant qu’elle ne soit mise à la mode par le style Art déco.
La taille des gemmes s’effectue dans des villes qui sont des centres de taille réputés. Le diamant est taillé traditionnellement à Anvers et à Tel-Aviv, villes auxquelles s’ajoutent New York (spécialisée dans les grosses pierres) et Bombay (les petites).
Pour les pierres de couleur, tous les pays producteurs ont leurs propres tailleries (Brésil, Madagascar, Vietnam).
Mais d’autres centres sont réputés : Bogota (Colombie) et Jaïpur (Inde) pour l’émeraude, Bangkok (Thaïlande) et Sri Lanka pour les rubis et les saphirs, Idar-Oberstein (Allemagne) pour les pierres fines.
Ce grenat très rare coloré par le chrome, déclinant la couleur verte du sombre au vif, doit son nom ( issu de demant, « diamant » en flamand) à son magnifique éclat adamantin.
Cette qualité lui aurait permis de concurrencer l’émeraude s’il ne souffrait d’une faible résistance à la rayure. Aussi l’a-t-on utilisé surtout comme pierre d’entourage de bagues et de broches.
Utilisé en Russie par Fabergé, apprécié par Edouard VII, il a connu une forte vogue à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.
Silicate de calcium et de fer. Dureté : 6,5. Russie, Afrique, Corée.
Chez Cartier, on appelle « Diamants sauvages » les diamants qu’une présence d’azote dans leur structure a colorés d’une teinte allant du champagne au cognac. Cette dénomination est une marque déposée par Cartier.
Très rare, inaltérable, dur comme aucun autre matériau connu, brillant de mille feux, le diamant est la plus prestigieuse des pierres précieuses. Il était déjà vénéré il y a trois mille ans en Inde.
Alexandre le Grand le rapporta en Grèce, où il acquit son nom d’adamas, « invincible ».
C’est de lui que vient le mot « diamant ».
Sous ce nom de légende se cache une variété de carbone se cristallisant dans les couches superficielles du manteau terrestre, entre cent cinquante et deux cents kilomètres de profondeur, sous forte pression et à haute température. Sous certaines conditions, les cristaux sont ensuite apportés à la surface par le magma léger qui les environne. Jusqu’au début du XVIIIe siècle, tous les diamants venaient d’Inde. Apparurent ensuite des gisements au Brésil puis, en 1866, en Afrique du Sud. Le diamant se caractérise par la variété de ses teintes, officiellement référencées.
Il existe ainsi plusieurs catégories de diamants « incolores » (du « blanc exceptionnel » au jaunâtre appelé « cape ») et plusieurs catégories de diamants de couleur fantaisie.
La valeur de la pierre dépend de la conjonction de quatre facteurs, appelée en anglais « 4C » (color, clarity, cut, carat) : la couleur, la pureté (en France, on parle souvent de l’« eau » du diamant pour l’évoquer), la taille et le poids.
Pierres fabuleuses, symboles de l’amour, certains diamants ont marqué l’Histoire.
Le plus gros diamant taillé du monde est le Golden Jubilée (545,6 carats), de couleur brun-jaune, découvert en 1986 en Afrique du Sud. Dix ans plus tard, il fut offert au roi Bhumibol de Thaïlande à l’occasion du cinquantième anniversaire de son règne.
Par la création d’exceptionnels diadèmes et de grands colliers, par des transactions de pierres célèbres, le diamant bleu « Hope » (44,50 carats), le diamant poire offert par Richard Burton à Elizabeth Taylor (69,42 carats) ainsi que par l’usage du platine pour sertir la pierre, Cartier a inscrit son nom dans l’histoire du diamant.
Dureté : 10. Gemme des natifs du mois d’avril. Planète : Soleil. Symbole : amour et fidélité. Afrique du Sud, Angola, Australie, Brésil, Congo, Mali, Namibie, Russie, Sierra Leone, Inde, Venezuela, Zimbabwe.
Un doublet est un assemblage de deux pierres, par collage ou fusion, destiné à imiter une pierre naturelle. Les pierres assemblées peuvent être des pierres naturelles, des pierres synthétiques ou du verre.
Les doublets grenat-verre ont été courants jusqu’aux années 1950 pour imiter le rubis ou le saphir.
On fabrique aujourd’hui encore toutes sortes de doublets, pouvant aussi bien réunir trois ou quatre éléments.

Pierre verte, veloutée et diaphane de la famille des béryls, l’émeraude est vénérée depuis plus de trois mille ans : des mines d’émeraudes étaient exploitées dans le désert arabique égyptien, entre le Nil et la mer Rouge. Mais les plus belles émeraudes du monde proviennent des mines colombiennes : aussi bien celles des maharadjahs que celles des sultans ottomans, celles des shahs de Perse ou del’impératrice Eugénie...
Dans les années 1920 et 1930, Cartier réalise de somptueuses parures d’émeraudes pour sa clientèle de maharadjahs, pour la femme du banquier Morgan, pour la Bégum ou pour Barbara Hutton (avec les émeraudes de Maria Pavlovna, l’épouse du grand-duc Vladimir).
En 1997, pour célébrer son cent cinquantième anniversaire, le joaillier conçut un exceptionnel collier en forme de serpent orné de deux émeraudes taillées en poire de 205 et 206 carats... L’émeraude est souvent habitée par des inclusions de toute nature.
Lorsqu’elles sont discrètes, elles ne sont pas considérées comme des défauts mais comme une garantie d’authenticité.
On les appelle les « givres », et plusieurs givres forment le « jardin » de l’émeraude. Une pierre d’un vert profond avec des inclusions a plus de valeur qu’une pierre pure mais plus pâle. Silicate d’aluminium et de béryllium. Dureté : 7,5. Gemme des natifs du mois de mai.
La Lune est sa planète. Symbole : espoir, apaisement, fertilité. Colombie, Brésil, Russie, Pakistan, Afghanistan, Zambie, Zimbabwe, Tanzanie, Madagascar. Les mines les plus célèbres se situent en Colombie (Muzo, Chivor, Peña Blanca, Coscuez) et au Brésil (Itabira, Goias).
Nom donné aux faces d’une pierre taillée.
Les diamants de couleur fantaisie se définissent par leur intensité de couleur, leur teinte principale et parfois leur nuance secondaire, qui sont des éléments déterminants de leur valeur.
Chacune des couleurs est la conséquence d’une particularité chimique ou structurelle. Dans certains diamants, des atomes d’azote dispersés dans le cristal provoquent, suivant leur proportion, différentes couleurs allant du jaune au brun (jonquille, champagne, cognac).
Le diamant est bleu quand il contient des traces de bore.
Les diamants verts seraient des gemmes naturellement irradiées dans le sol.
Les roses seraient la conséquence d’un défaut de structure, une microdislocation.
Enfin, quand il est plus ou moins chargé d’inclusions, sa couleur peut varier du gris au noir. Cependant, les diamants noirs sont rarement homologués parmi les diamants de couleur fantaisie.
Les feldspaths (« minéral des champs » en vieil allemand) sont le plus important groupe de minéraux formant l’écorce terrestre.Un groupe riche d’un grand nombre de variétés déterminées par leur composition chimique, mais liées par des structures et des caractéristiques physiques analogues. On les utilise en joaillerie pour leur couleur et leur iridescence. Les plus précieux sont la labradorite, la pierre de lune, la pierre de soleil et l’amazonite.
On appelle « givre » une fissure dans une pierre cristalline. Si la pierre est en croissance, elle se referme sur le givre en englobant la matière qui s’y trouvait.
Cette matière est souvent un élément fluide, qui forme donc des bulles dans la pierre. Dans les saphirs de Ceylan, ces givres très fins rappellent le dessin délicat des ailes de papillon.

Les grenats forment l’une des familles les plus vastes du règne minéral. Contrairement à une idée répandue, les pierres de la famille des grenats ne sont pas forcémentrouges.
En réalité, elles sont liées par une même structure cristalline cubique et une composition chimique similaire, mais cette dernière peut varier et donner n’importe quelle couleur,excepté le bleu.
Lorsqu’on parle d’un « grenat » tout court, il s’agit d’un pyrope, pierre rouge sombre dont la nuance est celle de la couleur grenat. Les autres pierres de la famille sont appelées soit par leur nom spécifique, soit par le mot grenat suivi d’une indication de couleur.
La plupart sont rouges, comme l’almandin, rouge sombre violacé, mais la rhodolite est plutôt rose, et le très précieux démantoïde est vert émeraude. L’hessonite, qu’on appelle aussi « pierre de cannelle », est orange foncé, et la spessartite jaune orangé. Quant à la tsavorite, récemment découverte, elle est vert intense. Silicates d’aluminium, de magnésium, de fer, de manganèse ou de calcium. Dureté : 6,5 à 7,5. Gemmes des natifs du mois de janvier.
Mars est leur planète. Symboles : fidélité, courage, énergie. Inde, Vietnam, Afghanistan, Russie, Zambie, Madagascar, Australie, Brésil, Chine, Tanzanie.
Une gemme est une matière minérale ou organique utilisée en joaillerie.
Quand ce sont des pierres, les gemmes ne sont distinctes des autres minéraux qu’en raison de leur attrait esthétique et de leur rareté.
Cette rareté, qui détermine pour une grande part la valeur marchande des gemmes, est la raison pour laquelle le diamant, le rubis, le saphir et l’émeraude sont au sommet de la hiérarchie.
Mais les gemmes ne sont pas que des minéraux : en font partie aussi les matières organiques telles que les perles, l’ambre et le corail.
Notons que certaines gemmes sont utilisées en homéopathie, comme l’apatite, le diopside, l’hématite, la pyrite et la tourmaline.
Le mot grain a plusieurs sens en joaillerie.
Il désigne l’unité de poids des perles fines : un grain équivaut à un quart de carat (0,05 gramme).
Le grain est aussi l’un des copeaux de métal relevé dans la monture pour sertir une pierre, en le rabattant ensuite sur elle. On parle alors d’un « serti à grains » ou « serti mille grains ». Au début du siècle, il a été utilisé par Cartier pour sertir les diamants sur platine.
En 1822, le minéralogiste allemand Friedrich Mohs (1773-1839) établit une échelle des duretés relatives des pierres, encore en usage aujourd’hui. Mais une autre mesure de dureté intéresse le lapidaire : la résistance à l’abrasion, pour régler ses meules. Notons que la dureté n’a pas de rapport avec la fragilité d’une pierre, autrement dit sa résistance aux chocs. Friedrich Mohs mit au point, après un test de dureté comparative des pierres par rayure, l’« échelle de Mohs ». Cette échelle, dont les intervalles ne sont ni égaux, ni proportionnés, définit la dureté d’un minéral par la résistance qu’il oppose à la rayure d’un objet pointu. Ainsi obtient-on ces quelques indices de dureté : talc : 1; gypse : 2; calcite : 3; fluorite : 4; apatite : 5; orthose : 6; quartz : 7; topaze : 8; corindon : 9; diamant : 10.
Son nom vient du grec hêlios, « soleil », et signifie « don du soleil ». Variété de béryl, l’héliodore est en effet une pierre limpide, dont la couleur varie du jaune éclatant au jaune verdâtre. Cette couleur est due à un oxyde d’uranium qui le rend légèrement radioactif. Les héliodores sont souvent de grande dimension, ce qui permet de les monter en solitaire. Silicate d’aluminium et de béryllium. Dureté : 7,5. Symbole : sagesse, puissance. Madagascar, Afghanistan, Brésil, Ukraine.
Une inclusion est soit un corps étranger, liquide, solide ou gazeux, qui s’est trouvé piégé dans une gemme au cours de sa formation, soit une «lacune», autrement dit une cavité à l’intérieur de la pierre. On distingue plusieurs types d’inclusions solides: des cristaux polyédriques, des aiguilles cristallines (fréquentes dans les grenats et les quartz) et des fibres cristallines épanouies en touffes (par exemple les amphiboles dans les émeraudes).
Les inclusions peuvent déprécier la gemme si elles en troublent l’éclat ou la fragilisent. En revanche, elles sont un atout lorsqu’elles provoquent astérisme ou chatoyance, lorsqu’elles ornent joliment une agate ou dessinent un beau jardin dans une émeraude.
Témoins de l’histoire de la pierre, elles permettent aussi de distinguer une gemme naturelle d’une contrefaçon synthétique.
Dessin gravé en creux sur la surface d’une pierre précieuse ou d’une pierre fine. L’intaille est utilisée pour les sceaux depuis l’Antiquité.
Ce phénomène, qu’on appelle aussi iridescence, est la propriété qu’ont certains corps comme l’opale de diffuser la lumière en rayons de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

L’ivoire (du latin ebur) est la sécrétion phosphatée qui fait la défense des éléphants et de quelques autres animaux. Il est sculpté depuis le Paléolithique à des fins décoratives. Anciens Egyptiens, Grecs, Etrusques et Romains furent de très fins ivoiriers, ainsi que les Japonais, les Chinois et les Indiens. En France, Dieppe fut longtemps capitale de la sculpture de l’ivoire. Aujourd’hui, l’éléphant est en principe une espèce protégée, et seul l’ivoire ancien peut êtresculpté et commercialisé. On réalise le plus souvent des objets de vitrine, des colliers, des bracelets. L’utilisation de l’ivoire en joaillerie chez Cartier en tant que composant principal est d’autant plus remarquable qu’elle est rare : la maison réalisa en 1919 une série d’étonnants bracelets d’inspiration africaine, dits soudanais, en ivoire orné d’or émaillé, de corail ou d’onyx et de diamants. Plus classiques pour Cartier furent les précieux manches de porte-plumes ou de coupe-papier, parfois ornés d’émail, réalisés au début du siècle. Dureté : 2 à 3. Afrique.
Le mot « jade » désigne en fait deux minéraux très semblables d’apparence : la jadéite et la néphrite. Elles sont toutes deux très dures, d’une couleur variant du blanc laiteux au vert sombre. Leur nom commun vient de l’espagnol piedra de la ijada (« pierre des flancs ») : les conquistadors qui le découvrirent en Amérique pensaient en effet qu’il pouvait soulager les maux de reins (d’où aussi le nom de « néphrite »).
Utilisé en Chine il y a déjà quatre mille ans pour la fabrication de bijoux et d’accessoires précieux, et à peine plus tard dans le même but par les civilisations de l’Amérique précolombienne, le jade n’a cessé depuis d’être poli et taillé par les sculpteurs et les joailliers.
Le jade fut passionnément aimé des empereurs mongols et des maharadjahs. Au XXe siècle, il connut une vogue avec le style Art déco et Cartier accomplit des merveilles, jouant avec les combinaisons des couleurs.
En témoigne un article d’un magazine américain en 1928: « Les Parisiennes jettent des regards envieux sur les vitrines de Cartier, où sont exposées les nouvelles collections de bracelets mêlant jade et lapis, jade et saphirs, jade et topazes. »
Mais la tradition du jade chez Cartier est plus ancienne encore, puisque dès 1913 des bijoux composés de jade étaient proposés à la clientèle. Jadéite : silicate double d’aluminium et de sodium ; néphrite : silicate basique de magnésium et de calcium avec du fer ferrique. Dureté : 6 à 6,5 (néphrite) et 7 (jadéite). Mexique, Nouvelle-Zélande, Chine.
On appelle « jardin » l’ensemble des givres d’une émeraude.

Le jaspe est un quartz microcristal- lisé que la présence d’oxyde de ferou d’argile a opacifié et coloré.
Ses couleurs sont très variées, et de nombreux jaspes sont multi-colores, ornés de motifs divers.
Aussi, pour l’évoquer, a-t-on coutume de préciser son apparence ou sa provenance : on parle de jaspe fleuri, de jaspe rubané, zébré,agate, d’Egypte, etc.
L’un des plus appréciés est l’héliotrope, vert uni avec des taches rouges d’oxyde de fer ayant l’apparence de gouttes de sang. Surnommé « jaspe sanguin » ou « pierre des martyrs », il a souvent été utilisé en glyptique chrétienne. Très courants, les jaspes sont utilisés à des fins ornementales (bijoux, amulettes, objets décoratifs), depuis la préhistoire et dans toutes les civilisations. Dureté : 6,5 à 7. Gemme des natifs du Bélier. Russie, Inde, Sicile, Etats-Unis, Afrique.
Pour éviter toute confusion avec l’unité de poids des pierres précieuses – le carat –, le mot allemand « karat » s’est imposé, souvent sous l’abréviation « K », afin de désigner l’unité de teneur pour le titre de l’or : 1/24e. Ainsi, l’or 24 K est de l’or pur. Le mot vient du grec keration, unité monétaire antique valant un tiers d’obole, soit un dix-huitième de drachme. L’or 18 K se décline en plusieurs couleurs, qui peuvent être obtenues par différents alliages : • Or jaune : or 75%, argent 12,5%, cuivre 12,5%; • Or rouge : or 75%, cuivre 25%; • Or rose : or 75%, cuivre 21%, argent 4%; • Or vert : or 75%, argent 25%; • Or gris-bleu et or bleu : contient un alliage à base de fer ; • Or violet : s’obtient en ajoutant à l’alliage précédent de l’argent, du cuivre et de l’aluminium ; • Or blanc : en joaillerie, 75% d’or et un alliage de palladium, cuivre, argent et iridium ; en horlogerie, 75% d’or et un alliage de palladium, cuivre et zinc. La répartition précise de l’alliage or blanc utilisée chez Cartier demeure confidentielle. Les titres légaux pour l’or ont été fixés en France le 19 brumaire de l’an VI (9 novembre 1797), à 920/1000e (22 K), 840/1000e (20 K) et 750/1000e (18 K).L’or fin sans alliage à 24 K, à 1000/1000e, descend à 22 K si on lui adjoint un métal d’apport de 2/24e et ainsi de suite. Notons qu’on apporte un autre métal – le plus souvent de l’argent et/ou du cuivre – pour durcir l’or pur, en soi trop malléable.
Pierre d’un beau rose lilas ou parme, elle fut identifiée et promue auprès des joailliers par le minéralogiste américain George F. Kunz, d’où son nom. La kunzite présente malheureusement l’inconvénient de se cliver facilement lors de la taille.
Cartier l’utilisa en 1991 pour ses broches de la collection Route des Indes. Spodumène (silicate d’aluminium et de lithium). Dureté : 7. Madagascar, Brésil.
La structure en minuscules lamelles parallèles de cette pierre, en général gris bleuté, provoque de magnifiques effets d’iridescence, rappelant les ailes de certains papillons. La taille en cabochon met en valeur cette propriété, qui fait se déployer des couleurs variant selon l’origine de la pierre.
Une variété gris-bleu a été utilisée par Cartier pour l’exécution de pendules mystérieuses. Silicate de calcium et de sodium de la famille des feldspaths. Dureté : 6 à 6,5. Canada, Finlande, Norvège.

Cette pierre opaque, dont l’étymologie latino-persane indique qu’elle est une « pierre d’azur », autrement dit une pierre bleue, est l’une des plus anciennement utilisées au monde : on a retrouvé des perles en lapis-lazuli datant de sept mille ans avant J.-C. à Mehrgarh, au pied des montagnes du Baluchistan (Pakistan). Son bleu, qui peut varier selon la proportion de son composant essentiel, la lazurite, et qui est fréquemment constellé d’éclats dorés de pyrite, n’a pas cessé d’être convoité depuis. De ses gisements d’Afghanistan et d’Iran, la pierre, que Marco Polo décrivit comme « le plus bel azur du monde », emprunta durant des millénaires les « routes du lapi » jusqu’en Egypte, à Rome, en Chine ou en Europe. Partout, il y fut transformé en objets précieux, en bijoux, mais aussi en pigment. On l’appela « bleu outre-mer » en Europe.
Cartier a beaucoup utilisé le lapis-lazuli, qui entra à maintes reprises dans l’une des combinaisons de couleurs favorites du joaillier, le vert et le bleu.
Louis Cartier allia souvent le lapis-lazuli et la turquoise dans ses créations d’inspiration égyptienne, et le lapis-lazuli et le corail dans ses créations dites chinoises. Roche à base de lazurite (aluminosilicate de sodium et de calcium riche en soufre).
Dureté : 5,5 à 6. Jupiter est sa planète. Afghanistan, Chili, Iran.
L’éclat d’une pierre est l’effet scintillant produit par la lumière qui s’y réfléchit. Son intensité dépend donc de l’indice de réfraction de la pierre et de la qualité de son polissage. Il peut être altéré si la pierre contient trop d’inclusions.
L’éclat du diamant, le plus intense de toutes les pierres, se retrouve presque chez d’autres gemmes possédant un fort indice de réfraction, tels le démantoïde ou le zircon.
Selon sa nature, on qualifie un éclat de vitreux, résineux, cireux, nacré ou soyeux.
Assortiment de petits diamants taillés, de calibres différents.
Cette pierre verte tachetée et de faible dureté tiendrait son nom soit du grec malakhê (la plante qu’on appelle « mauve ») soit du grec malachos (« mou »). Taillée, elle présente des couches concentriques alternativement claires et foncées. Exploitée dans l’Antiquité en Asie Mineure et dans les déserts d’Egypte, elle est particulièrement appréciée par les bijoutiers. Elle servit aussi de talisman et, une fois réduite en poudre, comme fard pour les yeux, remède contre les nausées et pigment vert pour les peintres. Carbonate basique de cuivre hydraté. Dureté : 3,5 à 4. Chypre, Russie, Congo.

Pierre de taille ovale et pointue à chaque extrémité. Pour les pierres de couleur ou fines, cette taille est aussi appelée « navette », en référence à l’instrument du tisserand. Elle est surtout appliquéeau diamant.

Cette pierre est la plus précieuse des feldspaths. D’un blanc laiteux translucide, son aspect argenté ou nacré est appelé « adularescence » (de l’Adula, massif alpin où la gemme a été découverte). Sa pâleur bleutée et ses reflets lunaires, mis en valeur par une taille cabochon, furent particulièrement appréciés par l’Art nouveau. D’après la légende, les marches du temple de la Lune d’Anura-dhapura (Ceylan, XIIe siècle), dont on peut encore voir lesruines, étaient ornées de mosaïques en pierres de lune. Silicate double d’aluminium et de potassium. Dureté : 6. Gemme des natifs du mois de juin. Symbole : amour. Sri Lanka, Madagascar, Etats-Unis (dont Hawaii).
Ce béryl rose (couleur « fleur de pêcher ») nuancé de carmin fut la pierre préférée du célèbre banquier américain John Pierpont Morgan – amateur de pierres, grand client et ami de Louis et Pierre Cartier – et c’est pourquoi le minéralogiste Kunz la baptisa ainsi. Sa coloration est due à l’oxyde de lithium et à la présence de quelques traces d’un rare métal alcalin : le césium. Dureté : 7,5. Madagascar, Brésil, Etats-Unis, Mozambique, Afghanistan.
Cf. Marquise.

L’une des pierres, avec la jadéite, qu’on appelle « jade ». Originaire de Chine, elle est plus répandue et moins dure que la jadéite. Silicate basique de calcium et demagnésium. Dureté : 6 à 6,5.
Choc sur la surface d’une pierre taillée, en particulier sur les arêtes.

L’onyx est une calcédoine noire ou à couches alternées noires etblanches, légèrement translucide.
Cette dernière caractéristique lui a donné son nom, issu du grec onyx (« ongle »). Mais la majeure partie des onyx commercialisés aujourd’hui sont opaques car ils sont teints en noir, un procédéutilisé dès l’Antiquité.
L’onyx a toujours été l’une des pierres favorites de Cartier.Dès les années 1910, la maison a utilisé l’onyx pour mettre en valeur, par contraste, soit la pureté du cristal de roche ou l’éclat du diamant, soit les couleurs vives du corail, de l’émeraude ou de la turquoise.
Et souvent, les bijoux combinaient ces trois pôles noir-brillant-couleur en des compositions très raffinées.
Les combinaisons onyx-diamant convenaient à de très élégants bijoux de soirée, mais aussi aux bijoux de deuil qu’on portait au début du siècle. Le célèbre pavage panthère de Cartier, qui date de 1914, est un pavage de diamants parsemé d’onyx.
Il n’a pas cessé depuis d’être exécuté sur des montres, des bijoux, des nécessaires ou des ornements de sacs du soir. Dioxyde de silicium hydreux. Dureté : 5,5 à 6,5. Gemme des natifs du mois d’octobre. Australie, Mexique, Brésil, Etats-Unis.

Il existe de nombreuses catégories de cette pierre qui peut offrir d’étonnants jeux de reflets irisés, dus à un empilement régulier de minuscules sphères de silice qui diffractent la lumière. Les opales utilisées en joaillerie sont l’« opale noble », dite aussi « arlequine », à fond blanc laiteux et jetant des feux vifs de toutes les couleurs. On utilise aussi l’« opale de feu » qui, comme son nom l’indique, possède un fond rouge et renvoie des reflets rouge orangé. Enfin, la très rare opale noire est très sombre et renvoie des éclats multicolores.L’usage de l’opale remonte à l’aube de l’Histoire, si l’on en juge par l’étymologie du mot, venant du sanskrit upala, « pierre précieuse ». Considérée comme protectrice dans les civilisations antiques et chez les Arabes, elle fut abondamment utilisée pour créer amulettes, talismans et bijoux. Au XIXe siècle, en France, on disait au contraire qu’elle portait malheur. Elle fut largement réhabilitée par les joailliers de l’Art nouveau. Louis Cartier créa en 1903 un merveilleux pendentif d’opale en forme de cœur pour la diva Nellie Melba. Dioxyde de silicium hydreux. Dureté : 5,5 à 6,5. Gemme des natifs du mois d’octobre. Australie, Mexique, Brésil, Etats-Unis.
Reflet laiteux dû à une diffusion étale et en tous sens de la lumière, sans direction privilégiée, caractéristique de l’opale commune, d’où son nom. Outre l’opale commune, certains quartz et certains saphirs peuvent être opalescents.
Minéral contenant, à l’état pur ou combiné, une ou plusieurs substances chimiques déterminées en de telles proportions qu’on peut les isoler industriellement.
Terme qualifiant une substance provenant d’organismes vivants. En joaillerie, on utilise certaines gemmes organiques : la perle, le corail, l’écaille.
On appelle « orient » le reflet iridescent des perles (car il évoque la lumière du soleil levant). L’intensité de l’orient est l’un des critères d’évaluation d’une perle.
Terme employé pour les gemmes opaques telles que la malachite, le lapis-lazuli, etc.
Pierre vert-jaune, appelée aussi « olivine » quand sa couleur est celle de l’olive, le péridot fut apporté en Europe par les chevaliers revenant des croisades. Extrait des mines d’une petite île de la mer Rouge, Zabarjad, il enchantait déjà l’Orient depuis près de trois mille ans. L’île était si difficile d’accès que les marins appelaient le péridot topazion, du grec « chercher ». Il garda ce nom durant plusieurs siècles. Le péridot est lié au diamant, car il est l’un des constituants de la kimberlite, la roche magmatique qui porte le diamant à la surface de la terre. Il fut la pierre préférée d’Edouard VII et connut un regain de faveur, jamais démenti depuis, à partir du début du XXe siècle. Silicate de magnésium ferreux. Dureté : 6, 5-7. Gemme des natifs du mois d’août. Saturne est sa planète. Symbole : santé, protection. Etats-Unis, Australie.
Sous ce nom d’origine cinghalaise (dont le sens littéral serait « couleur de la fleur de lotus au coucher du soleil »), se cache le plus rare des saphirs qui n’est pas bleu : le padparadscha est rose orangé. Dureté : 9. Sa planète est Vénus. Sri Lanka.
On appelle « paragenèse » (du grec para, « à côté », et genêsis, « naissance »), l’ensemble des minéraux qui en accompagnent un autre dans un même milieu. La paragenèse d’une gemme, c’est-à-dire les minéraux qui l’environnent, peut interférer sur sa croissance. Le minéral peut aussi englober, au cours de cette croissance, des éléments de sa paragenèse, qui formeront en lui des inclusions.
Ensemble de gemmes serties côte à côte sur un bijou, serrées les unes contre les autres, de façon à recouvrir une surface.
Facettes de culasse.

Les perles sont connues depuis la plus haute Antiquité en Chine, en Egypte ancienne, en Grèce, en Perse et chez les Romains. Et depuis deux mille cinq cents ans au moins, elles servent de parure : le plus ancien collier de perles connu (trois rangs de soixante-douze perles), datant du VIe siècle avant J.-C., a été découvert dans une tombe princière achéménide. Dans les mythes ou les vieilles légendes, les perles sont souvent associées aux larmes : au Japon, larmes d’amoureuse transie tombées dans la mer ; chez les Grecs, larmes de Vénus ; chez les Romains, larmes solidifiées des anges ; dans l’islam, larmes d’Adam et Eve versées sur leur péché... Voilà pourquoi, sans doute, les perles symbolisent depuis toujours l’amour et la pureté. Il convient de distinguer aujourd’hui les perles fines des perles de culture. Toute perle est une concrétion plus ou moins sphérique de fines couches de nacre, issue d’une sécrétion du manteau d’huîtres perlières de mer ou de moules d’eau douce. Dans le cas des perles fines, cette sécrétion se déclenche naturellement par réaction à l’agression d’un petit ver parasite. Au XIXe siècle, la rareté des perles fines incita les producteurs à adapter à la perle une très ancienne technique de déclenchement artificiel de sécrétion de nacre : il s’agit d’introduire sous le manteau du mollusque un corps étranger – un petit noyau de nacre dans le cas de la perle – afin de le faire réagir. Les premiers essais eurent lieu en Chine et au Japon, mais c’est en Australie que naquirent en 1900 les premières véritables perles de culture. Les perles de culture du Japon furent commercialisées à partir de 1920.
Elles arrivaient au bon moment : à cette époque, les perles fines avaient atteint un prix exorbitant.
Trois ans plus tôt, Cartier avait acheté son immeuble de la 5e Avenue de New York en l’échangeant contre un double rang de perles ! Depuis 1950, en provenance du Japon ou d’ailleurs, en particulier de Tahiti célèbre pour ses perles noires, la perle de culture a presque totalement remplacé la perle fine. On juge de la qualité – et donc du prix – d’une perle selon les critères suivants : l’intensité de l’« orient », autrement dit le reflet iridescent né du contact de la lumière avec les couches de nacre ; la beauté de sa couleur ; la régularité de sa forme, sphérique, en poire ou en bouton ; la régularité de sa « peau » ; et naturellement sa taille et son poids, mesuré en « grains » (0,05 gramme) pour les perles fines, et en carats pour les perles de culture. Dureté: 3.
On appelle « pierres fines » les pierres naturelles, qu’elles soient transparentes ou opaques. Ces dernières peuvent être appelées « ornementales » lorsqu’elles sont utilisées pour façonner des objets décoratifs. En France seulement, on distingue les « pierres fines » et les « pierres précieuses ».

Désignent les exemplaires choisis de toute gemme de valeur ayant les qualités requises de rareté, beauté et durabilité (donc de noblesse) pour leur emploi en joaillerie. Elles sont en général transparentes outranslucides.
En France, le décret du 29 novembre 1968 a limité l’emploi du terme « précieux » à quatre pierres : le diamant, le rubis, le saphir et l’émeraude. Les autresgemme sont appelées pierres fines.
Le pyrope est le plus connu des grenats. Rouge comme la braise incandescente, son nom vient du grec tardif purôpos, « de couleur rouge ». Dans l’Antiquité, il faisait partie d’un groupe indistinct de pierres rouges qu’on appelait carbunculus, « charbon ardent ».
Minéral typique des kimberlites, avec le péridot, il joue un rôle d’indicateur pour le prospecteur de diamant. Silicate d’aluminium et de magnésium. Dureté : 7 à 7,5. Russie, Etats-Unis, Australie, Brésil, Tanzanie.

Les quartz (de l’allemand Quarz) forment une grande famille de minéraux dont les cristaux sont exclusivement constitués de silice, matière très répandue dans la croûte terrestre. Lorsque le quartz est totalement incolore, on le nomme cristal de roche. Mais il apparaît le plus souvent sous diverses teintes, auxquelles il doit ses différents noms : la citrine est jaune, l’améthyste violette, la prasiolite verte ; tandis que d’autres se nomment tout simplement« quartz rose » ou « quartz fumé ». Toutes ces pierres peuvent contenir des inclusions qui leur donnent un certain caractère apprécié.
C’est le cas, entre autres, du quartz « cheveux de Vénus », riche en nombreuses fibres évoquant une chevelure ; du quartz « flèches d’amour » contenant des aiguilles de tourmaline noire ; du quartz iris, contenant des fêlures irisées. Parfois, l’abondance des inclusions rend le quartz presque opaque :c’est le cas du jaspe et du quartz rose.
Ce dernier fut souvent utilisé par Cartier pour des socles d’objets décoratifs ou de petites sculptures animalières. Les inclusions peuvent enfin provoquer certains effets optiques, comme les paillettes argentées de l’aventurine ou les fines aiguilles jaunes qui permettent à un quartz de s’appeler « œil-de-tigre ».
Parmi les variétés translucides, on trouve les calcédoines, dont la plus précieuse est la chrysoprase, de couleur vert vif due au nickel. Oxyde de silicium. Dureté : 7. Gemme des natifs du Taureau, du Lion, de la Balance et du Sagittaire. Symbole : quartz rose : tendresse, quartz rutile : passion. Variétés rares, chrysoprase : Australie, Brésil, Etats-Unis ; quartz aiguilles de tourmaline : Brésil ; quartz rose : Brésil.
Déviation d’un rayon lumineux lorsqu’il passe d’un milieu à un autre, par exemple de l’air dans une pierre précieuse. Certaines substances ont la propriété de dédoubler le rayon lumineux qui les traverse. On les nomme biréfringentes ou anisotropes.

La réfringence est la propriété de réfracter – c’est-à-dire de faire dévier – la lumière. Le diamant possède la plus forte réfringence (on dit aussi le plus fort « indice de réfraction ») de toutes les pierres précieuses. Plus l’indice de réfraction est élevé, plus le rayon lumineux met de temps à ressortir de la gemme, plusl’éclat est important.
La rhodolite est un grenat qui doit son nom (du grec rhodon, « rose », et lithos, « pierre ») à sa nuance rose. Cette nuance, qui peut foncer jusqu’au violacé, naît d’un équilibre entre le fer et le magnésium. Silicate d’aluminium, de magnésium et de fer. Dureté : 7,5. Zimbabwe, Tanzanie, Sri Lanka.

Ce quartz transparent fut connu et aimé par toutes les civilisations de l’Antiquité et n’a jamais cesséd’être utilisé en joaillerie.
Son nom vient du grec krustallos, « glace », car il évoque l’eau gelée. En Occident, il fut particulièrement à l’honneur aux XVIe et XVIIe siècles, comme en témoignent de nombreux musées européens : coupes, aiguières, nacelles, coffrets abondent. La vogue du cristal de roche revint avec le style Art décoet son goût de la pureté.
Cartier en fut le poète, avec des bracelets et des broches (en forme d’anneau ou de rectangle), souvent allié à l’onyx pour offrir un élégant contraste, et au diamant pour le mettre en valeur. Deux extraordinaires bracelets souples et extensibles, formés de plusieurs dizaines de demi-disques en cristal de roche ornés de diamants sertis sur platine, furent ainsi acquis chez Cartier par Gloria Swanson en 1932.
Enfin, les légendaires pendules mystérieuses de Cartier possèdent pour la plupart un cadran en cristal de roche. Oxyde de silicium. Dureté : 7.
Gemme des Lions. Symbole de l’éternité. Etats-Unis, Brésil, France.
Terme désignant une roche ou un cristal à l’état naturel (avant la taille ou le polissage).
Diamant n’ayant subi aucun travail de taille. Si la cristallisation naturelle du diamant appartient au système cubique (dont la maille élémentaire est un cube), il ne se présente cependant que très rarement sous forme de cube.

Cette exceptionnelle pierre précieuse est un corindon, qui doit sa couleur rouge (d’où son nom, du latin rubeus, « rouge ») au chrome qu’il contient. Sa rareté et sa dureté le placent juste derrière le diamant.
Mais en Inde, les mots sanskrits de ratnaraj (« reine des pierres précieuses ») et ratnayaka (« première des pierres précieuses ») disent assez lasuprême vénération qu’on lui porte.
Les princes indiens collectionnaient les plus précieux, à l’instar du maharadjah de Hyderabad, Nizam al-Mulk, dont le trône en or massif était orné d’une centaine de rubis de 100 à 200 carats chacun.
Ces plus précieux des rubis proviennent depuis quinze siècles de la vallée de Mogok, en ex-Birmanie, immortalisée par Joseph Kessel dans La Vallée des rubis : seuls quelques-uns d’entre eux possèdent la nuance de couleur « sang de pigeon », la plus recherchée. Du fait d’une extraction non contrôlée, ils sont aujourd’hui rarissimes.
Le plus gros rubis du monde de qualité gemme, d’un poids de près de 250 carats, orne la couronne de saint Wenceslas, conservée dans la cathédrale Saint-Guy à Prague.
On dit le rubis, qui s’enflamme à la lumière des chandelles, symbole de passion, de victoire, de charité et d’amour.
Oxyde d’aluminium. Dureté : 9. Mars est sa planète. Thaïlande, Cambodge, Sri Lanka, Madagascar, Kenya, Tanzanie, Afghanistan
Le rutile est un cristal jaune d’or, ou roux, qui se trouve en inclusion dans certaines gemmes, formant de fines aiguilles ou des fibres. On le trouve dans le corindon, le grenat et le quartz, où il provoque souvent le phénomène optique appelé astérisme.
Oxyde de titane cristallisé. Dureté : 6 à 6,5.

Appartenant à la famille des corindons tout comme le rubis, le saphir est une pierre précieuse rare, que la couleur bleue a depuis toujours associée à la symboliquesacrée du ciel.
L’origine de son nom est sanskrite (sauritatna) et les hommes levénèrent depuis des millénaires.
En Grèce, où il était porté par les prêtres pour montrer leur lien avec le ciel, on lui donnait le nom d’iris bleu, hyakinthos. Au début du XIIIe siècle, une bulle du pape Innocent III recommanda aux prélats d’en porter à la main droite, pour symboliser la lumière divine qu’ils transmettaient dans leurs bénédictions.L’intensité du bleu des saphirs varie selon la quantité d’oxyde de titane qu’ils contiennent.
Parmi les plus beaux, ceux du Cachemire sont d’un bleu vif velouté, ceux de Birmanie d’un bleu profond avec une petite pointe d’indigo, et ceux du Sri Lanka – d’où proviennent les deux tiers des saphirs – d’un bleu bleuet à bleu ciel avec une petite touche mauve.
Cartier a marqué l’histoire du saphir grâce à ses plus fidèles clients.
Le joaillier conçut en 1949 la légendaire broche motif panthère : un saphir cachemire cabochon de 152,35 carats sur lequel se tient une panthère pavée de diamants et tachetée de cent six saphirs...
Le saphir révèle toute sa beauté à la lumière du jour, et s’assombrit à la lumière électrique. On le considère comme un talisman pour les voyageurs. Oxyde d’aluminium. Dureté : 9. Gemme des natifs du mois de septembre. Jupiter est sa planète. Symbole : sérénité. Sri Lanka, Cambodge, Thaïlande, Madagascar, Tanzanie, Etats-Unis, Australie, Inde, Brésil.

L’écaille utilisée en ornementation depuis l’Antiquité est celle de la carapace de la tortue marine,espèce aujourd’hui protégée.
Autrefois très courants, les objets en écaille véritable sont donc deve- nus rares.On recherche surtout une écaille translucide, jaune ou bruneet marbrée.
En joaillerie, elle peut être ornée de pierres. A partir de 1922, Cartier proposa des bandeaux-peignes en écaille, ornés de perles et de diamants. En 1937, il conçut pour Barbara Hutton un somptueux peigne en écaille blonde, orné de diamants taille baguette, accompagné de son fourreau d’écaille.Dureté : 2,5.
On appelle « soies » un voile irisé plus ou moins dense inclus dans un corindon et provoqué par de fines aiguilles de rutile se croisant à soixante degrés.
Les spinelles sont un groupe de pierres transparentes de différentes couleurs : rouge pivoine ou cerise, jaune, vert, bleu...
Le plus recherché est le rouge cerise, qui ressemble au rubis avec lequel il a été confondu jusqu’au milieu du XIXe siècle.
En France, on l’appelait alors rubis « balai » (de Balash, gisement supposé en Afghanistan) : « Les deux rubis balais de ta bouche alléchante/Et les rais de cet œil qui doucement m’enchante », écrivit à Louise Labé, dont il était amoureux, le poète Olivier de Magny (1529-1561).
La plupart des gros « rubis » historiques ne sont ainsi que des spinelles : celui dit du « Prince noir », qui orne la couronne britannique et pèse 170 carats ; celui de la couronne de Catherine II de Russie, de 414,30 carats (aujourd’hui au musée des Armures à Moscou) ; ou le « Côte de Bretagne » sculpté en forme de dragon, élément de la dot de la duchesse Anne, de 105 carats (aujourd’hui au musée du Louvre).
Aluminate de magnésium. Dureté : 8. Sa planète est Saturne. Madagascar, Sri Lanka, Pakistan, Thaïlande, Afghanistan.
Large facette (en principe plane) entourée des facettes de couronne formant la partie supérieure d’une pierre taillée. C’est par la table que le regard pénètre à l’intérieur de la pierre.
La tanzanite est une variété de zoïsite transparente bleu intense, nuancée de rose. A la lumière électrique, elle devient plus mauve, évoquant alors la couleur de certains saphirs. Elle fut découverte en 1967 en Tanzanie, qui est encore, à ce jour, le seul pays où on la trouve. Silicate de calcium et d’aluminium. Dureté : 6,5.

Autrefois, toutes les pierres jaunes étaient appelées « topaze » (mot qui viendrait de la contraction des mots grecs topos et azos, qu’on peut traduire par « lieu sans arbres » et qui désignerait l’île de Zabarjad en mer Rouge). D’où l’idée répandue que les topazes sont forcément jaunes. En réalité, il existe des topazes de toutes les ouleurs. La plus précieuse est la rose, bien que les bleues et les vertes soient aussi très prisées. La plus célèbre, le « Bragance » (1680 carats) qui orne la couronne portugaise, est quasiment incolore (jaune très clair), et a longtemps été prise pour un diamant. Cartier proposa des bijoux avec topazes dès les années 1920. Dans les années 1930, la maison conçut de magnifiques parures (collier, pendants d’oreilles, bracelet, broche) en topazes claires et foncées, ainsi que des bijoux de tête et des colliers en topazes et diamants. On dit que la topaze est souveraine contre la mélancolie, qu’elle apporte la sagesse et maintient dans le droit chemin de la vertu. Fluosilicate d’aluminium. Dureté : 8. Gemme des natifs du mois de novembre. Mercure est sa planète. Symbole : sagesse. Brésil, Etats-Unis, Russie, Sri Lanka.

La tourmaline fut introduite en Europe au début du XVIIIe siècle par les Hollandais, qui l’avaient découverte à Ceylan. Les Cinghalais l’appelaient to-ramalli, mot qui désignait aussi des zircons. En Hollande, on l’appela aschentrekker, « tireur de cendres », car elle possède, une fois chauffée, une propriété autrefois bien connue des marins fumeurs de pipe : devenue magnétique, elle aimante les cendres et les poussières, ce qui permettait de nettoyer aisément les foyers de leurs pipes en écume de mer... Aucune gemme n’offre une gamme de couleurs aussi riche, et très peu de tourmalines sont monochromes. La plupart du temps, elles offrent de très beaux dégradés de couleurs, ou des strates colorées concentriques. C’est le cas d’une tourmaline célèbre, qu’on appelle « melon d’eau », qui offre un cœur rose entouré d’un cerne vert. La tourmaline la plus recherchée est rouge, d’où son nom de rubellite. C’est une rubellite de 250 carats que Gustave de Suède offrit à Catherine II de Russie, et qui se trouve toujours dans le Fonds diamantaire russe à Moscou. La plus rare, l’indicolite, est bleu canard. La plus fréquente est verte. Pierre des muses selon les légendes, la tourmaline donnerait toute son envolée à l’inspiration de l’artiste. Borosilicate d’aluminium. Dureté : 7 à 7,5. Gemme des natifs du mois d’octobre. Symbole : créativité, inspiration. Afghanistan, Brésil, Etats-Unis, Madagascar, Russie, Sri Lanka.

Les vestiges des mines antiques de turquoises, dans le désert égyptien du Sinaï, témoignent de l’ancienneté (quatre mille ans avant J.-C.) de l’utilisation de cette belle pierre bleue.
Elle servait alors de parure (colliers et bagues) et, façonnée en scarabée ou gravée de formules rituelles, de talisman. Réduite en poudre, on l’employait aussi comme fard pour les yeux.
Depuis l’Antiquité, sa couleur intense – variant du bleu ciel au bleu-vert selon les quantités de fer et de cuivre qu’elle contient – n’a cessé d’être appréciée dans le monde entier.
Des gisements iraniens de la région de Nicha-pur, qui produisent les plus belles gemmes depuis quinze siècles, la turquoise était exportée en Europe mais aussi vers l’Inde et l’Arabie. Elle acquit son nom du pays – la Turquie – où elle transitait souvent.
En même temps que ceux d’Iran, d’autres gisements étaient exploités au Tibet, en Chine, au Mexique, en Amérique du Nord. L’Europe romantique du XIXe siècle puis celle de l’Art nouveau l’apprécièrent particulièrement. L’époque Art déco utilisa beaucoup la turquoise matrix, c’est-à-dire la pierre traversée de veines brunes (limonite) ou noires (jaspe).
Cartier employa la turquoise pour de subtiles combinaisons de couleurs : dès les années 1910 dans des pièces de style égyptien (en association avec le lapis-lazuli pour jouer sur les bleus) ; puis dans les années 1920 dans des créations de style Art déco où le joaillier exaltait l’une de ses associations de couleurs favorites, le bleu et le vert, grâce à l’emploi de turquoise et d’émail bleu, de jade ou de lapis. Phosphate basique hydraté d’aluminium, de cuivre et de fer. Dureté : 5,5 à 6. Gemme des natifs du mois de décembre. Sa planète est Mercure. Brésil, Chili, Chine, Iran, Mexique, Pérou, Tibet.
Inclusion évoquant cette forme et caractéristique de certains saphirs, en particulier ceux en provenance de Ceylan (Sri Lanka).